Pages de la Guérison

Icône du Christ Pantocrator (Novgorod)

Icône du Christ Pantocrator
(Novgorod, Russie, XVe siècle)

Le sacrement de réconciliation : la Confession

 

I - PRIÈRES DE PURIFICATION ET DE PRÉPARATION À LA CONFESSION

II - OFFICE DE LA CONFESSION SELON LE TREBNIK (USAGE SLAVE)

 


I - PRIÈRES DE PURIFICATION
ET DE PRÉPARATION À LA CONFESSION

Seigneur louable hautement, pur, immaculé, le seul sans péché, purifie-moi, ton serviteur, de toute souillure de la chair et de l'esprit, rends-moi immaculé par la grâce de ton Christ et sanctifie-moi par la venue de ton Saint Esprit, afin que, délivré du brouillard des impures illusions diaboliques et de toute tentation, je puisse m'avancer, en temps opportun, et communier à tes redoutables et divins Mystères.

Car c'est toi qui bénis et sanctifies toute chose, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Remets, pardonne, efface, Seigneur, nos fautes volontaires et involontaires, commises en action et en parole, consciemment ou par ignorance, la nuit ou le jour, dans notre esprit ou notre coeur, pardonne-les, car tu es bon et ami des hommes.

Puis les stichères suivants :

Comme le Fils prodigue j'ai péché contre toi, Sauveur : Père, reçois mon repentir et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Ô Christ mon Sauveur, j'emprunte la voix du Publicain : accorde-moi le même pardon et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Théotokion

Hâte-toi de nous porter secours et protection, montre ta miséricorde envers tes serviteurs, Vierge sainte, apaise la houle de nos folles pensées, Mère de Dieu, relève mon âme déchue ; ô Vierge, je sais en effet que tu peux faire tout ce que tu veux.

Trisagion, Trinité toute-sainte et Notre Père...

Autres stichères

Comme le voyageur tombé aux mains des brigands, moi-même j'ai succombé sous les coups de mes péchés et mon âme est blessée comme lui : vers qui pourrais-je me réfugier, malheureux que je suis, si ce n'est vers le Dieu compatissant qui guérit nos âmes comme un sage médecin ? Répands sur mon âme la grâce du salut.

Comme le Fils prodigue je viens vers toi, ô Dieu de bonté ; devant toi je me prosterne, accueille-moi comme l'un de tes serviteurs : Seigneur, aie pitié de moi.

Tombé au pouvoir de criminelles pensées qui m'ont spolié de mon esprit, malheureux que je suis, me voilà couvert de plaies ; mon âme est toute vulnérée, je suis étendu sans vêtement, dépouillé de vertus sur le chemin de cette vie ; un prêtre, me jugeant incapable de guérir, est passé outre, sans égard pour ma douleur ; un lévite, dégoûté par mes souffrances, a poursuivi son chemin ; mais toi qui as bien voulu provenir non de Samarie, mais de la Vierge Marie, dans ton amour, ô Christ, accorde-moi la guérison en répandant sur mon âme la grâce du salut.

Tropaires

Je pense au jour terrible du jugement et je pleure mes mauvaises actions ; comment me défendrai-je devant le Roi immortel, comment oserai-je regarder mon Juge, malheureux que je suis ? Père très-bon, Fils unique et Saint Esprit, aie pitié de moi, Seigneur.

Dans la vallée des larmes, en ce lieu que tu as choisi, Dieu de tendresse, pour siéger et rendre un juste jugement, ne dévoile pas les secrets de mon coeur, pour que devant tes Anges je n'aie pas à rougir, mais épargne-moi, ô mon Dieu, aie pitié de moi, Seigneur.

Gloire au Père...

Je suis l'arbre stérile, Seigneur, je ne porte pas le fruit du repentir, je crains la cognée et le feu qui ne s'éteint ; c'est pourquoi je te prie, avant la fin sauve-moi, Seigneur, en me ramenant jusqu'à toi.

Maintenant...

Théotokion

Espérance du monde, Vierge Mère de Dieu, je ré-clame ta protection qui seule inspire le respect ; aie pitié du pécheur que je suis, implore le Dieu de compassion pour qu'il délivre mon âme de tout châtiment, ô Vierge entre toutes bénie.

Kyrie eleison (40 fois).

Prière 1
(de Marc le Solitaire)

Maître pur, immaculé, Seigneur compatissant, toi qui par l'ascension de ton humanité as éloigné notre nature de la corruption et par son union à ta nature divine l'as tout entière sanctifiée ; toi qui accordes ta grâce abondamment à ceux qui croient de façon indubitable en toi, le seul vrai Dieu, et qui par la faiblesse de notre chair couvres de honte l'antique séducteur, ce fanfaron ; toi-même, Seigneur et bienfaiteur, purifie-moi de toute souillure de la chair et de l'esprit, moi le passionné et l'ami du péché. Fortifie-moi contre la fureur et la perfidie du démon par ta grâce toute-puissante, fais que je surmonte les pensées de toutes sortes qu'il me suggère, et garde inextinguible jusqu'à la fin la lampe de ma chasteté ; afin que, délivré par ton secours de toute impure volupté et de toute illusion, grâce à la contemplation lumineuse de tes jugements désirables et plus doux que la cire et le miel, les méditant nuit et jour, je puisse d'un coeur pur communier à tes Mystères vivifiants et immortels ; par les prières de celle qui t'a mis au monde sans corruption, notre Souveraine tout Immaculée, la Mère de Dieu et toujours-vierge Marie, et de tous les Saints. Amen.

Prière 2
(de Basile le Grand)

Seigneur plein de miséricorde, pur, immaculé, sans souillure et sans péché, purifie l'inutile serviteur que je suis de toute souillure de la chair et de l'esprit, de l'impureté causée par ma négligence et ma paresse, et de toutes mes autres iniquités ; rends-moi immaculé par la grâce de ton Christ et sanctifie-moi par la venue de ton Saint Esprit, afin que, délivré du brouillard des impures illusions diaboliques et de toute souillure, je puisse, avec une conscience pure, ouvrir ma bouche maudite et souillée, pour louer ton nom très-saint, Père, Fils et Saint Esprit, et communier, sans mériter de reproche ni de condamnation, aux Mystères immaculés, immortels, très-saints et vivifiants de ton Fils unique, notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ, avec lequel tu es béni, ainsi que ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Prière 3
(de Basile le Grand ou, selon certains, du vénérable Martinien)

De nouveau j'ai trébuché en esprit, malheureux que je suis, asservi à la mauvaise habitude du péché ; de nouveau le prince des ténèbres, le père de la volupté peccamineuse, a fait de moi son captif et, comme un esclave humilié, m'a obligé, de par sa volonté, à servir les désirs de la chair. Que ferai-je, Seigneur, sauveur et défenseur de ceux qui espèrent en toi, si ce n'est de revenir à toi, gémir et demander pardon de mes actions ? Mais je crains et redoute qu'en me confessant chaque jour et promettant de m'abstenir du mal sans cesser de pécher à toute heure et sans m'acquitter de mon voeu envers toi, mon Dieu, je n'excite au courroux ta longanimité ; or, qui pourrait soutenir, Seigneur, ta fureur ? Connaissant donc la richesse de ta compassion et l'océan de ton amour pour les hommes, je m'en remets à ta miséricorde et m'écrie : J'ai péché, ô mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ; tends-moi ta main secourable, car j'enfonce dans le gouffre des voluptés ; Seigneur, n'abandonne pas ta créature, de peur que mes péchés et mes iniquités ne causent ma perte ; mais, selon la bonté dont tu es coutumier, délivre-moi de la souillure de ma chair et des peccamineuses pensées qui chaque jour salissent ma pauvre âme. Vois en effet, Seigneur mon Dieu : il n'est en elle rien de pur, elle est tout entière frappée de lèpre, ce n'est plus qu'une plaie.

Toi donc, en médecin des âmes et source de miséricorde, purifie-la sous l'abondante pluie de mes larmes ; accorde-moi la guérison, la purification, ne détourne pas de moi ton visage, de peur que ne me dévorent comme un feu les ténèbres du désespoir. Mais puisque tu as dit, toi le Dieu qui ne mens pas, qu'il y a de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que cela se produise aussi pour le pécheur que je suis. Ne ferme pas les oreilles de ta miséricorde à ma prière de repentir ; mais ouvre-les pour moi et dirige ma prière comme l'encens devant toi ; car tu connais la faiblesse de la nature humaine, toi son Créateur, et le penchant de la jeunesse ; tu ne regardes pas au péché et tu agrées le repentir de qui se confesse à toi sincèrement. Car tu es le seul sans péché, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

On fait trois métanies (prosternations). À chaque métanie, on dit :

Mon Dieu, fais grâce au pécheur que je suis

et prends pitié de moi, à cause de ton saint Nom.

Ou bien :

J'ai péché contre toi, Seigneur, pardonne au débauché que je suis.

Puis on dit :

Toi, qui en tout temps et à toute heure, au ciel et sur terre, es adoré et glorifié, Christ Dieu, le longanime, le riche en pitié, le très-miséricordieux, qui aimes les justes et qui as pitié des pécheurs, qui appelles tous les hommes au salut par la promesse des biens à venir ; toi, Seigneur, à cette heure, agrée aussi nos requêtes et dirige notre vie selon tes commandements. Sanctifie nos âmes, rends chastes nos corps. Redresse nos raisonnements, purifie nos pensées. Et délivre-nous de toute tribulation, de tout mal et de toute douleur. Entoure-nous de tes saints Anges comme d'un rempart, afin que gardés par leur renfort et sous leur conduite, nous parvenions à l'unité de foi et à la connaissance de ta gloire inaccessible, car tu es béni dans les siècles des siècles. Amen.

Kyrie eleison (3 fois). Gloire au Père... Maintenant...

Toi plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, toi qui sans tache enfantas Dieu le Verbe, toi véritablement la Mère de Dieu, nous t’exaltons.

Seigneur Dieu, Père tout-puissant, Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, avec le Saint Esprit une seule Divinité, une seule Puissance, aie pitié de moi pécheur ; et par les jugements connus de toi, sauve-moi, ton indigne serviteur. Car tu es béni dans les siècles des siècles. Amen.

Trisagion et Notre Père. Kyrie eleison (12 fois). Toi plus vénérable que les Chérubins...

Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine ! Vers toi montent nos louanges, nos chants d'action de grâce. De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir les fidèles qui te chantent : Réjouis-toi, Epouse inépousée.


II - OFFICE DE LA CONFESSION
SELON LE TREBNIK (USAGE SLAVE)

Exhortation du Père spirituel au pénitent avant la confession

Enfant bien-aimé dans le Saint Esprit, N., tu as bien fait de venir à la sainte pénitence : par elle, en effet, comme en un baptistère spirituel, tu laveras les péchés de ton âme et tu seras guéri, comme par une médecine céleste, de ses mortelles blessures. Efforce-toi seulement d’avoir en ton coeur la contrition de tous tes péchés et de les confesser au Seigneur ton Dieu, invisiblement présent parmi nous, devant moi qui, malgré mon indignité, ai reçu de lui le pouvoir d’absoudre. Confesse-les sans rien cacher ni ajouter, mais tout ce que tu as fait et dont tu te souviens, confesse-le, car l’occultation d’un péché est une erreur funeste pour l’âme, et en ajouter est une calomnie mortelle. Pour ces deux motifs, les péchés confessés ne sont pas pardonnés, et le mystère ne s’accomplisse pas réellement à cause de cet obstacle, un nouveau péché mortel prend naissance. Tu ne dois pas cacher une seule faute, même par respect humain, car je suis un homme exposé aux mêmes passions, capable de tomber dans les mêmes péchés, et j’ai le sens de la faiblesse humaine.

Et si, en dépit du respect humain, tu t’accuses devant moi seul, tu éviteras d’être accusé de ces péchés devant les Anges de Dieu et devant tous les hommes au redoutable tribunal ; mais si tu les tiens cachés devant moi seul, tu seras accusé devant l’assemblée universelle et n’échapperas pas aux supplices éternels. Ne me cache rien non plus par crainte, car je ne te ferai aucun tort et ne révélerai jamais ton péché à personne, mais vais plutôt te soigner avec douceur.

Dans la confession, accuse-toi, ne te disculpe pas ; révèle tes péchés, et non point ceux des autres. Ne me dénonce pas les personnes qui ont été complices de ton péché, car c’est une diffamation du prochain. Confesse tes seuls péchés, non par une simple conversation, mais avec componction et avec le ferme propos de te garder à l’avenir de semblables péchés. Sans cela, il ne peut y avoir de véritable repentir. Ayant ainsi disposé ton coeur, rends gloire au Seigneur. Confesse de toi-même tes propres fautes devant le pécheur que je suis, afin que, recevant l’absolution, tu te libères des liens de péché, tu sois purifié et spirituellement guéri, par la grâce de Dieu.

Le Père spirituel amène celui qui désire se confesser, seul, devant l’icône de notre Seigneur Jésus Christ. Et il dit :

Béni soit notre Dieu en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles.

Puis on récite les prières initiales :

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Trinité toute-sainte, aie pitié de nous.
Seigneur, agrée l'expiation de nos péchés.
Maître, pardonne-nous nos iniquités.
Saint, visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de ton nom.

Kyrie eleison. (3 fois) Gloire au Père...

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel,
et remets-nous nos dettes
comme nous remettons aussi à nos débiteurs,
et ne nous soumets pas à l'épreuve,
mais délivre-nous du malin.
Amen.

Kyrie eleison. (12 fois) Gloire au Père...

Venez, adorons, prosternons-nous
devant Dieu, notre Roi.
Venez, adorons, prosternons-nous
devant le Christ, notre Roi et notre Dieu.
Venez, adorons, prosternons-nous
devant le Christ lui-même, notre Roi et notre Dieu.

Psaume 50 (51)

Aie pitié de moi, ô Dieu, dans ta bonté,
selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions.
Lave-moi de toute iniquité
et purifie-moi de ma faute,
car je reconnais mes transgressions,
et ma faute est constamment devant moi.
J'ai péché contre toi seul,
j'ai fait ce qui est mal à tes yeux.
Aussi tu seras juste dans ta sentence,
sans reproche dans ton jugement.
Oui, je suis né dans l'iniquité,
et pécheur ma mère m’a conçu.
Mais tu veux que la vérité soit au fond de mon coeur ;
fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi.
Asperge-moi avec l'hysope, et je serai pur,
lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.
Annonce-moi l'allégresse et la joie,
et les os que tu as humiliés se réjouiront.
Détourne ton regard de mes péchés,
efface toutes mes iniquités.
Ô Dieu, crée en moi un coeur pur,
renouvelle un esprit droit dans mes entrailles.
Ne me rejette pas loin de ta face,
ne me retire pas ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie de ton salut,
soutiens-moi par l'Esprit puissant.
J'enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent,
et les pécheurs reviendront à toi.
Ô Dieu, Dieu de mon salut, délivre-moi du sang versé,
et ma langue célébrera ta miséricorde.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
Si tu avais voulu des sacrifices, je t'en aurais offert,
mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes.
Le sacrifice qui est agréable à Dieu, c'est un esprit brisé.
Ô Dieu, tu ne dédaignes pas le coeur contrit et humilié.
Répands par ta grâce tes bienfaits sur Sion,
rebâtis les murs de Jérusalem !
Alors tu agréeras des sacrifices de justice, l'oblation et les holocaustes,
alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Tropaires

Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous :
toute excuse nous fait défaut ;
comme de pauvres pécheurs nous t'adressons cette supplication :
Aie pitié de nous, Seigneur.

Gloire au Père...

Seigneur, aie pitié de nous qui avons confiance en toi ;
ne t'irrite pas contre nous, ne te souviens pas de nos iniquités,
mais dans ta bonté regarde vers nous maintenant
et de nos ennemis délivre-nous ;
car tu es notre Dieu, et ton peuple, c'est nous ;
tous, nous sommes l'ouvrage de tes mains
et c'est de ton nom que nous sommes appelés.

Maintenant...

Ouvre-nous la porte de ta compassion, Mère de Dieu et Vierge bénie ;
ayant mis en toi notre espoir, puissions-nous ne pas nous égarer,
mais que par toi nous soyons délivrés de tout mal, car tu es le salut du peuple chrétien.

Kyrie eleison (40 fois).

Puis le Prêtre dit cette prière :

Prions le Seigneur.
Dieu notre Sauveur, qui par l'intermédiaire de ton prophète Nathan as accordé le pardon à David lorsqu'il s'est repenti de ses fautes et qui as agréé la prière de repentance que t'adressa Manassé, reçois aussi ton serviteur (ta servante) N. qui se repent des fautes qu'il (qu’elle) a commises. Dans l'amour pour les hommes dont tu es coutumier, agrée son repentir, sans regarder à toutes ses actions, toi qui pardonnes les manquements et ne tiens pas compte des iniquités. Car toi-même, Seigneur, tu as dit : Ce que je désire, ce n'est pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive ! Pareillement tu as dit que les péchés se pardonnent septante fois sept fois. De même que ta grandeur est sans égale, sans mesure est ta miséricorde ; et si tu tiens compte de nos fautes, qui donc subsistera ?

Car tu es le Dieu des pénitents, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Autre prière

Prions le Seigneur.
Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, toi le pasteur et l'agneau qui ôtes le péché du monde, toi ce créancier qui as remis leur dette à l'un et l'autre de tes débiteurs, toi qui as accordé à la pécheresse la rémission de ses péchés, toi-même, Seigneur, remets, efface, pardonne les péchés, les iniquités, les fautes volontaires et involontaires, commises sciemment ou par inadvertance, les transgressions et les désobéissances de tes serviteurs ici présents. Et si, en tant qu'hommes porteurs de chair et habitant ce monde, ils se sont laissé égarer par le Diable, en parole, en action, sciemment ou par inadvertance, qu'ils ont méprisé la sentence du prêtre et encouru sa malédiction, qu'ils sont tombés sous leur propre anathème ou se sont liés par un serment, toi-même, Seigneur, dans ta bonté et ton absence de ressentiment, veuille délivrer par ta parole tes serviteurs que voici, leur pardonnant leur propre anathème et leur serment, dans ton immense miséricorde. Oui, Seigneur et Maître ami des hommes, exauce la prière que nous t'adressons pour tes serviteurs ici présents ; dans ta bonté et ta grande miséricorde, détourne tes yeux de toutes leurs fautes et délivre des de l'éternel châtiment. Car toi-même, Seigneur, tu as dit : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.

Car tu es le seul sans péché, et nous te rendons gloire, ainsi qu'à ton Père éternel et à ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Puis il dit au pénitent :

Voici, mon enfant, que le Christ est présent de manière invisible pour recevoir ta confession : n'aie pas honte, ne crains pas, et ne me cache rien ; mais, sans réticence, dis-moi tout ce que tu as fait, pour en recevoir le pardon de notre Seigneur Jésus Christ. Voici devant nous son icône ; moi, je ne suis qu'un témoin, pour rendre témoignage devant lui de tout ce que tu m'auras dit. Si tu me caches quelque chose, tu porteras double péché. Veille donc, puisque tu es venu(e) chez le médecin, à ne pas le quitter sans être guéri(e).

Alors, il le questionne avec soin, lui demandant une chose après l’autre, et il attend la réponse à chaque demande. Puis il lui fait cette recommandation :

Désormais, tu dois te garder de tout cela, car tu es baptisé d'un second baptême, selon le sacrement chrétien. Puisses-tu, Dieu aidant, faire un heureux début. Surtout ne badine pas en retournant aux mêmes errements, pour ne pas être la risée des gens, car cela ne convient pas aux chrétiens. Mais que Dieu t'aide, par sa grâce, à vivre dans l'honnêteté, la justice et la piété.

Puis le Prêtre lui dit : Incline-toi.

Et le pénitent incline la tête, pendant que le Père spirituel dit cette prière :

Prions le Seigneur.
Seigneur notre Dieu, salut de tes serviteurs, toi qui es tendresse, miséricorde et longanimité, qui regrettes nos fautes et ne désires pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, toi-même, à présent, aie pitié de ton serviteur (ta servante) N., et donne-lui des sentiments de repentir, le pardon et l'absolution de ses péchés ; pardonne-lui toute faute volontaire et involontaire ; veuille le (la) réconcilier et l'unir à ta sainte Église, dans le Christ Jésus notre Seigneur, avec qui te reviennent la puissance et la majesté, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Après cette prière, le Prêtre absout le pénitent prosterné, en formulant ainsi l’acte du sacrement de pénitence :

Que Jésus Christ, notre Seigneur et notre Dieu, par sa grâce, sa miséricorde et son amour pour les hommes, te pardonne, mon enfant, (N.,) toutes tes fautes ; et moi, son indigne prêtre, par le pouvoir qu'il m'a donné, je te pardonne tous tes péchés et je t'en absous, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

En prononçant la fin de l’absolution, le Prêtre trace de la main droite un signe de croix sur la tête du pénitent. Puis il dit :

Il est digne en vérité de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse à jamais et très pure et Mère de notre Dieu. Toi plus vénérable que les Chérubins et plus glorieuse incomparablement que les Séraphins, qui sans tache enfantas Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de Dieu, nous t’exaltons.

Gloire au Père... et le Congé.

Forme de l’absolution selon le Grand Euchologe (usage grec) :

Mon enfant spirituel(le), tu t’es confessé(e) à mon humble personne ; et moi, pauvre pécheur, je ne suis pas capable de remettre les péchés sur la terre : Dieu seul le peut. Mais en vertu de la divine parole qu’il a prononcée après sa sainte Résurrection en disant aux Apôtres : " Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus ", et nous confiant à cette parole, nous aussi, nous déclarons : tout ce que tu as avoué à mon infime personne, tout ce que tu as omis de me dire par ignorance ou par oubli, tout cela, que Dieu te le pardonne en ce monde et dans le siècle à venir. Amen.

Exhortation du Père spirituel au pénitent auprès la confession

Mon enfant spirituel bien aimé dans le Saint Esprit, N., l’invincible miséricorde du Dieu ami des hommes, qui ne veut la perte d'aucun pécheur, mais les appelle tous à la pénitence pour l'héritage des biens futurs, ne t'a pas laissé, toi non plus, pourrir spirituellement dans le péché et demeurer indigne de la vie éternelle, mais il a tourné vers toi son regard miséricordieux, t'a touché avec le doigt de la grâce du Saint Esprit pour t’exciter à te réveiller du sommeil du péché, à te lever du grabat de l’iniquité, à prendre le plus sûr remède contre les maux spirituels, la pénitence, à montrer tes infirmités par la confession des péchés en présence de mon indignité, à recevoir avec joie le canon de satisfaction pour tes péchés. Pour cela tu dois lui rendre sans cesse de grandes actions de grâces, puisqu'il ne t'a pas traité selon tes péchés et ne t'a pas rendu selon tes iniquités, mais selon sa bonté miséricordieuse t’a pris en pitié et t'a donné de mériter le pardon de toutes tes fautes. Car elles ont été balayées de ton âme par la grâce de l'Esprit-Saint comme de la face de la terre le vent balaye la poussière, elles ont été purifiées à cause de tes larmes, comme la lèpre de Naaman par les eaux du Jourdain ; et comme les dix lépreux furent guéris en leur corps par la parole du Seigneur, ainsi ton âme aujourd'hui par la parole d'absolution qu'il nous a confiée, est devenue innocente.

Enfin, comme le Paralytique gisant depuis trente-huit ans près de la piscine probatique, et guéri par la parole du Seigneur, l'entendit lui dire : " Te voici guéri, ne pèche plus désormais ", toi aussi, par sa même grâce et par la formule du pardon que moi pécheur je t'ai accordé, sois libéré de ta paralysie spirituelle et écoute mon indignité te dire : Te voici guéri, ne pèche plus désormais. Ne pèche plus, de peur que tu ne perdes la précieuse perle de la grâce de Dieu retrouvée par la pénitence, et que tu ne manques pas de cette parure digne des cieux. Ne pèche plus, de peur que tu n'éteignes de nouveau la lampe de ton âme, allumée par le feu de l'amour divin, à la clarté de laquelle tu pourras parcourir aisément le ténébreux chemin de cette vie pour accéder au pays de la lumière sans fin ; car sans elle, tu devrais souffrir en chemin l'incessant péril des filets de l'ennemi et de l'erreur, et, parvenu devant la porte de la chambre du céleste Époux, il te faudrait rester dehors, avec les vierges folles n'ayant pas leur lampe allumée.

Bref, je te dis : Ne pèche plus désormais, pour ne pas ressembler aux bêtes privées de raison, dont parle saint Pierre en allégorie : " Il leur est arrivé ce que dit justement le proverbe : Le chien est retourné à son propre vomissement, et la truie à peine lavée se roule dans le bourbier. " Car ceux qui ressemblent au bétail n'entrent pas dans le Royaume des Cieux. Ne pèche donc plus désormais, et ne cesse pas de te repentir de tes fautes passées. Veille à accomplir avec soin et dévotion le canon qui t'est imposé, et à faire plus grande satisfaction, autant qu'il t'est possible, car cette pénitence n'est pas en rapport avec la mesure des transgressions, mais c'est selon l'estimation de la faiblesse humaine que nous avons coutume de l’imposer, espérant en la miséricorde divine qui, dans l'impossible, agrée et couronne la bonne volonté. Tout en demeurant dans un continuel repentir de tes péchés, efforce-toi de multiplier tes bonnes oeuvres, afin que non seulement tu échappes à l'éternel châtiment par la pénitence, mais que tu obtiennes du Seigneur la vie sans fin pour ta bienfaisance. Que sans cesse t'accompagnent son aide en toutes tes entreprises, pour l'accomplissement des bonnes oeuvres, sa miséricorde et sa bénédiction tous les jours de ta vie ; et puisses-tu, dans le siècle à venir, recevoir le don de la vie éternelle !

Note concernant l’épitimie (pénitence) :

Divers livres liturgiques préconisent une épitimie ou pénitence, en fonction de la gravité des péchés. L’épitimie peut être une punition, par exemple, l’exclusion de la communion eucharistique, ou bien un remède, comme le jeûne, les métanies, l’aumône, et la prière. De nos jours, les prêtres ne peuvent infliger aux pénitents des épitimies trop longues et l’excommunication est réservée à l’évêque. La pratique de l’épitimie peut varier selon les Églises et les pays et les prêtres ne donnent pas nécessairement une épitimie à tout fidèle qui se confesse pour pouvoir communier, mais seulement dans le cas de péché grave.

Extrait de Confession et communion,
trad. P. Denis Guillaume,
Diaconie Apostolique, Rome, 1983.


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Dernière mise à jour : 11-02-01