Prière de Jésus - Prière du Coeur

Christ Pantocrator de Ste-Sophie

Christ Pantocrator
Mosaïque de l'Église Sainte-Sophie,
Constantinople, 1261

Prière Vivante

par Mgr Antoine Bloom

 

1. LA PRIÈRE DE JÉSUS

2. L’ASCÈSE DE LA PRIÈRE

1. LA PRIÈRE DE JÉSUS

Ceux qui ont lu les Récits d’un pèlerin russe connaissent bien cette courte prière " Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ", indéfiniment répétée. Les Récits d’un pèlerin russe sont l’histoire d’un homme qui voulait apprendre à prier sans cesse (cf. 1 Th 5,17). Comme l’homme dont l’expérience nous est relatée est un pèlerin, une grande partie de ses caractéristiques psychologiques ainsi que la manière dont il a appris et pratiqué la prière sont conditionnées par un certain genre de vie, ce qui ôte à cet ouvrage une partie de l’universalité qui aurait pu être la sienne ; et, pourtant, il demeure la meilleure introduction possible à cette prière qui est l’un des plus grands trésors de l’Église orthodoxe.

La prière en question est profondément enracinée dans l’esprit de l’Évangile, et ce n’est pas en vain que les grands maîtres de l’Orthodoxie y ont toujours vu le résumé de tout l’Évangile. C’est pourquoi la Prière de Jésus ne peut être utilisée avec tout son sens que par celui qui appartient à l’Évangile, qui est membre de l’Église du Christ.

Tout le message, et plus encore toute la réalité de l’Évangile, sont contenus dans le nom, dans la personne de Jésus. Si vous prenez la première moitié de la prière, vous verrez comment elle exprime notre foi au Seigneur : " Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu. " Au coeur de cette formule nous trouvons le nom de Jésus ; c’est le nom devant qui tout genou doit fléchir (Is 45,23 et Ph 2,10), et quand nous le prononçons, nous attestons l’événement historique de l’Incarnation. Nous affirmons que Dieu, le Verbe de Dieu, co-éternel au Père, s’est fait homme, et que la plénitude de la divinité a habité parmi nous, corporellement, en sa personne.

Pour reconnaître en cet homme de Galilée, en ce prophète d’Israël, le Verbe de Dieu fait chair, Dieu fait homme, nous devons être guidés par l’Esprit, car c’est l’Esprit de Dieu qui nous révèle à la fois l’Incarnation et la Seigneurie du Christ. Nous l’appelons Christ, et nous affirmons par là qu’en lui furent accomplies les prophéties de l’Ancien Testament. Affirmer que Jésus est le Christ implique que toute l’histoire de l’Ancien Testament est nôtre, que nous l’acceptons comme la vérité de Dieu. Nous l’appelons Fils de Dieu parce que nous savons que le Messie attendu par les Juifs, l’homme qui fut appelé " fils de David " par Bartimée (Mc 10,47), est le Fils de Dieu incarné. Ces mots résument tout ce que nous savons, tout ce que nous croyons au sujet de Jésus Christ, par l’Ancien comme par le Nouveau Testament et par l’expérience de l’Église à travers les âges. En ces quelques mots, nous faisons une profession de foi complète et parfaite.

Mais il ne suffit pas de faire cette profession de foi, il ne suffit pas de croire. Les démons aussi croient, et tremblent (Jc 2, 19). La foi ne suffit pas à assurer le salut, elle doit conduire à une relation vraie avec Dieu ; ainsi, après avoir professé, dans son intégrité, avec précision et clarté, notre foi en la seigneurie et en la personne, en l’historicité et en la divinité du Christ, nous nous plaçons en face de lui, dans le juste état d’esprit : " Aie pitié de moi, pécheur. "

Ces mots " aie pitié " sont utilisés dans toutes les Églises chrétiennes et, dans l’Orthodoxie, ils sont la réponse du peuple à toutes les demandes suggérées par le prêtre. Notre traduction moderne " aie pitié " est courte et insuffisante. Le mot grec que nous trouvons dans l’Évangile et dans les liturgies primitives est eleison. Eleison est de la même racine que elaion, qui signifie à la fois " olivier " et " huile d’olive. " Si nous cherchons dans l’Ancien et le Nouveau Testament les passages se rapportant à ce thème fondamental, nous le trouverons présent dans nombre de paraboles et d’événements qui nous aideront à nous faire une idée plus juste de sa signification plénière. Nous trouvons l’image de l’olivier dans la Genèse. Après le déluge, Noé, désireux de savoir s’il y a quelque part une terre émergée, envoie successivement plusieurs oiseaux ; l’un d’eux, une colombe - et il est significatif que ce soit une colombe - rapporte un petit rameau d’olivier. Ce rameau d’olivier apprend à Noé et à tous ceux qui sont avec lui dans l’arche que la colère de Dieu a cessé, que Dieu offre à l’homme une deuxième chance. Tous les occupants de l’arche pourront s’établir de nouveau sur la terre ferme, et tenter de vivre ; et jamais plus peut-être, s’ils font ce qu’il faut pour cela, ils ne subiront la colère divine.

Dans le Nouveau Testament, dans la parabole du bon Samaritain, l’huile d’olive adoucit et guérit. Dans l’onction des rois et des prêtres de l’Ancien Testament, c’est également de l’huile que l’on verse sur leur tête, image de la grâce de Dieu qui descend et se répand sur eux (Ps 133, 2), leur donnant une force nouvelle pour accomplir ce qui est au-delà des capacités humaines. Le roi est appelé à se tenir sur le seuil, entre la volonté des hommes et la volonté de Dieu, et il est appelé à conduire son peuple vers l’accomplissement de la volonté divine ; le prêtre également se tient sur ce seuil, pour y proclamer la volonté de Dieu, et plus encore pour agir au nom de Dieu, prononcer les décrets de Dieu, appliquer la décision de Dieu.

L’huile évoque donc d’abord la fin de la colère divine, la paix que Dieu offre à ceux qui s’étaient dressés contre lui ; elle nous parle ensuite de cette guérison que Dieu opère en nous afin de nous rendre capables de vivre et de répondre à notre vocation ; et comme il sait que nous ne sommes pas capables, par nos propres forces, d’accomplir ni sa volonté ni les lois de notre propre nature de créatures, il répand sur nous sa grâce avec abondance (Rm 5, 20). Il nous donne la faculté de faire ce que nous ne pourrions faire sans lui.

Les mots slavons milost et pomilui ont la même racine que ceux qui expriment la tendresse, l’affection, et lorsque nous prononçons les mots eleison, " aie pitié de nous ", pomilui, nous ne demandons pas seulement à Dieu d’éloigner de nous sa colère, nous demandons l’amour.

Si nous revenons au texte de notre prière, " Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ", nous constatons que les premiers mots expriment avec exactitude et pureté la foi évangélique au Christ, en l’incarnation historique du Verbe de Dieu ; et que la fin de la prière exprime toute la complexité et la richesse des relations d’amour entre Dieu et ses créatures.

La Prière de Jésus est connue d’innombrables orthodoxes, pour qui elle représente soit une méthode habituelle de prière, soit une dévotion subrogatoire, une invocation brève qui peut être utilisée à tout moment et en toute situation. De nombreux auteurs ont mentionné les aspects physiques de la prière, les exercices respiratoires, l’attention accordée aux battements du coeur et autres traits secondaires. La Philocalie des Pères neptiques est pleine d’instructions détaillées sur la Prière du Coeur, et comporte même des références à la technique soufite. Des Pères, anciens et modernes ont traité du sujet, et sont toujours arrivés à la même conclusion : ne vous risquez jamais aux exercices physiques sans être guidés de façon stricte par un père spirituel.

Ce qui est d’usage général, ce qui nous a été donné par Dieu, c’est la véritable prière, la répétition de mots sans effort physique - pas même les mouvements de la langue - et dont on peut user systématiquement en vue d’aboutir à une transformation intérieure. Plus que toute autre prière, la Prière de Jésus vise à nous situer en présence de Dieu sans autre pensée que celle du miracle consistant en ce que nous soyons là et Dieu avec nous, car dans l’usage de cette prière il n’est rien ni personne que Dieu et nous.

L’usage de la prière est double, c’est un acte d’adoration comme toute prière, et, au niveau ascétique, c’est un objet qui nous permet de concentrer notre attention sur la présence de Dieu.

C’est une prière de bonne compagnie, amicale, toujours à notre disposition, et très personnelle en dépit de ses répétitions monotones. Dans la joie comme dans la douleur elle est, lorsqu’elle est devenue habituelle, un stimulant de l’âme, la réponse à tout appel de Dieu. Les mots de saint Syméon le Nouveau Théologien s’appliquent à tous ses effets possibles en nous : " Ne vous souciez pas de ce qui viendra ensuite, vous le découvrirez quand cela viendra. "

2. L’ASCÈSE DE LA PRIÈRE

Quand nous sommes dans l’état d’esprit approprié, quand notre coeur est plein de louange, d’amour du prochain, quand nous parlons comme dit saint Luc (6, 45), du trop-plein de notre coeur, prier ne fait pas problème ; nous parlons librement à Dieu avec les mots qui nous sont familiers. Mais si nous devions laisser notre vie de prière à la merci de nos humeurs, nous prierions sans doute de temps à autre avec ferveur et sincérité, mais nous perdrions pendant de longues périodes tout contact fervent avec Dieu. C’est une grande tentation de délaisser la prière jusqu’au moment où nous nous sentons portés vers Dieu, et de considérer que toute prière ou tout élan vers Dieu en d’autres périodes manque de sincérité. Nous savons tous par expérience qu’il existe en nous bien des sentiments que nous n’éprouvons pas à chaque instant de nos vies ; la maladie ou la détresse peuvent les évacuer du champ de notre conscience. Même quand nous aimons profondément, il est des moments où nous n’en sommes pas conscients tout en sachant que cet amour vit en nous. Il en va de même à l’égard de Dieu ; il est des causes, internes et externes, qui obscurcissent parfois la conscience que nous avons de croire, d’espérer, d’aimer Dieu. En de tels moments nous devons agir non en fonction de ce que nous ressentons, mais de ce que nous savons. Nous devons avoir foi en ce qui nous habite, même si nous ne le percevons pas en cet instant. Nous devons nous rappeler que l’amour est encore là, même s’il n’emplit pas notre coeur de joie ou d’inspiration. Et nous devons nous tenir devant Dieu, nous rappelant qu’il ne cesse d’aimer, qu’il est toujours présent, même si nous ne le sentons pas.

Quand nous sommes froids et secs, quand il nous semble que notre prière est un faux-semblant, une pure routine, que faut-il faire ? Vaudrait-il mieux nous arrêter de prier jusqu’à ce que notre prière retrouve vie et chaleur ? Mais comment saurons-nous que le moment est venu ? Il y a un grave danger à nous laisser séduire par le goût d’une perfection dans la prière dont nous sommes encore si éloignés. Quand notre prière est sans chaleur, au lieu de renoncer, renouvelons avec vigueur notre acte de foi, et persévérons. Nous devrions dire à Dieu : " Je suis à bout, je ne puis prier pour de bon, accepte, ô Seigneur, cette voix monocorde et ces mots que je prononce, et viens-moi en aide. " Faites de la prière une affaire de quantité quand vous êtes impuissants à mettre la qualité. Certes, il vaut mieux ne dire que le " Notre Père " en ayant conscience de toute la profondeur de cette invocation, que de répéter douze fois la Prière du Seigneur ; mais c’est précisément ce dont nous sommes parfois incapables. Que notre prière soit " quantitative " ne veut pas dire que nous prononcions plus de mots que d’habitude ; mais que nous nous tenons à la règle de prière que nous nous sommes fixée, en acceptant le fait qu’elle ne soit rien de plus qu’une certaine quantité de mots répétés. Comme le disent les Pères, l’Esprit Saint est toujours là quand il y a prière, et selon saint Paul : Nul ne peut dire "Jésus est Seigneur" que sous l’action de l’Esprit Saint (1 Co 12,3). Quand le moment sera venu, c’est l’Esprit Saint qui donnera à notre fidèle et patiente prière sa signification et sa profondeur de vie nouvelle. Quand nous nous tenons devant Dieu en ces moments de vide intérieur, il nous faut faire usage de notre volonté, prier par conviction sinon par sentiment, au nom de la foi que nous savons posséder, intellectuellement sinon d’un coeur brûlant.

Si en de telles périodes la prière a pour nous un visage très différent, il n’en va pas de même pour Dieu ; comme le dit Julienne de Norwich : " Prie dans le secret de ton coeur, même si tu penses que cela ne te sauvera pas, car cela est profitable, même si tu ne t’en sens pas, même si tu ne le vois pas, même si tu ne t’en crois pas capable. Car dans la sécheresse et l’aridité, la maladie et la faiblesse, c’est alors que ta prière me plaît, bien que tu penses qu’elle ne te sauvera guère, car toute ta prière emplie de foi m’est connue. "

Dans ces périodes de sécheresse, quand la prière devient un effort, notre principal soutien est la fidélité, la détermination ; c’est par un acte de la volonté, qui les inclut l’une et l’autre, que nous nous contraignons, sans en appeler au sentiment, à nous tenir devant Dieu et à parler, simplement parce que Dieu est Dieu et que nous sommes ses créatures. Quoi que nous éprouvions à un moment donné, notre position demeure la même ; Dieu demeure notre créateur, notre sauveur, notre Seigneur et celui vers qui nous marchons, l’objet de notre désir et le seul qui puisse combler absolument notre attente.

Parfois, nous pensons que nous sommes indignes de prier et même que nous n’y avons aucun droit ; là encore, c’est une tentation. Chaque goutte d’eau, d’où qu’elle vienne, d’une mare ou de l’océan, est purifiée au cours du processus d’évaporation ; il en va de même de toute prière montant vers Dieu. Plus nous nous sentons abattus, plus la prière est nécessaire, et c’est certainement ce que ressentit Jean de Cronstadt un jour qu’il priait, guetté par un démon qui lui murmurait : " Hypocrite, comment oses-tu prier avec ce coeur impur, plein des pensées que j’y lis ? " Jean répondit : " C’est justement parce que mon coeur est plein de pensées qui me dégoûtent et que je combats, que je prie Dieu. "

Qu’il s’agisse de la Prière de Jésus ou de toute autre formule de prière, les gens disent souvent : quel droit ai-je d’en user ? Comment puis-je faire miennes ces paroles ? Quand nous disons des prières rédigées par des saints, par des hommes de prière, et qui sont le fruit de leur expérience, nous pouvons être certains que si nous sommes assez attentifs, leurs mots deviendront nôtres, nous rejoindrons les sentiments qui les animent et ils nous remodèleront par la grâce de Dieu, qui répond à nos efforts. Avec la Prière de Jésus la situation est, en un sens, plus simple, parce que plus notre situation est mauvaise, plus nous nous persuaderons facilement que, face à Dieu, nous ne pouvons que dire Kyrie eleison, " Aie pitié. "

Plus souvent que nous n’osons l’avouer, nous prions en espérant quelque mystérieuse illumination, en espérant que quelque chose va nous arriver, que nous allons connaître une passionnante expérience. C’est une erreur, le même genre d’erreur que nous commettons parfois dans la relation à autrui, et qui peut en fait détruire totalement cette relation. Nous abordons une personne et nous espérons tel type de réaction ; alors, s’il n’y a pas de réaction du tout, ou si ce n’est pas celle que nous attendions, nous sommes déçus, ou bien nous passons à côté de la réalité de la réponse donnée. Quand nous prions, nous devons nous rappeler que le Seigneur, qui nous laisse nous approcher librement de lui, est également libre envers nous ; ce qui ne signifie pas que la liberté qu’il prend soit arbitraire, comme la nôtre qui nous rend aimables ou bourrus selon notre humeur ; cela signifie qu’il n’est pas tenu de se révéler à nous simplement parce que nous sommes là et que nous tournons vers lui notre regard. Il est très important de nous rappeler que Dieu et nous, nous sommes libres de venir ou non à la rencontre de l’autre ; et cette liberté est d’une importance capitale car elle est caractéristique d’une véritable relation personnelle.

Une jeune femme, après une période de sa vie de prière ou Dieu paraissait étonnamment proche et familier, perdit soudain tout contact avec lui. Mais plus que la douleur de l’avoir perdu, elle redoutait la tentation d’échapper à cette absence de Dieu en s’inventant de lui une fausse présence ; car l’absence et la présence réelles de Dieu sont des preuves tout aussi bonnes de sa réalité et du caractère concret de la relation qu’implique la prière.

Aussi devons-nous être prêts à offrir notre prière et à recevoir ce qu’il plaira à Dieu de nous donner. Tel est le principe de base de la vie ascétique. Dans la lutte pour maintenir notre regard tourné vers Dieu et pour combattre tout ce qu’il y a d’opaque en nous, tout ce qui nous empêche de regarder dans la direction de Dieu, nous ne pouvons être ni tout à fait actifs ni tout à fait passifs. Nous ne pouvons pas être actifs en ce sens que, en nous agitant, en faisant des efforts, nous ne pouvons nous hisser jusqu’aux cieux ou en faire descendre Dieu. Mais nous ne pouvons pas non plus demeurer passifs, et rester plantés là sans agir, car Dieu ne nous traite pas comme des objets ; il n’y aurait pas de véritable relation si nous étions simplement manipulés par lui.

L’attitude ascétique est faite de vigilance, la vigilance du soldat qui, dans la nuit, se fait aussi silencieux qu’il le peut, aussi totalement attentif et conscient que possible de tout ce qui se passe autour de lui, prêt à réagir correctement et rapidement à tout ce qui pourrait arriver. D’une certaine façon, il est inactif car il est là debout et ne fait rien ; mais d’un autre côté il est intensément actif, car il est en éveil et totalement concentré. Il écoute et observe avec une perception aiguë, prêt à tout.

Il en va exactement de même dans la vie intérieure. Nous devons nous tenir en présence de Dieu dans un complet silence, concentrés, lucides et paisibles. Il est possible que nous attendions des heures, ou plus encore, mais un moment viendra où notre vigilance sera récompensée, car quelque chose se passera. Mais, répétons-le, si nous sommes vigilants, c’est dans l’attente de tout ce qui peut se présenter à nous et non d’un événement particulier. Nous devons être prêts à recevoir de Dieu tout ce qu’il nous enverra. Lorsque nous avons prié pendant un certain temps et y avons ressenti une certaine chaleur, nous succombons trop facilement à la tentation de revenir vers Dieu le lendemain en escomptant le même résultat. Si nous avons naguère prié avec chaleur ou avec des larmes, avec contrition ou avec joie, nous venons vers Dieu en espérant connaître à nouveau cette expérience-là, et bien souvent, parce que nous cherchons à retrouver avec Dieu le contact d’hier, nous manquons celui d’aujourd’hui.

L’approche de Dieu peut susciter en nous des attitudes diverses ; ce peut être la joie, la terreur, la contrition, bien d’autres encore. Nous devons nous rappeler que ce que nous allons percevoir aujourd’hui est une chose inconnue de nous, parce que ce Dieu que nous avons rencontré hier n’est pas celui qui pourrait se révéler à nous demain.

Extrait du livre de Mgr Antoine Bloom, Prière vivante,
Éditions du Cerf (Foi Vivante, no. 185), 1971.

Reproduit avec l'autorisation des Éditions du Cerf.

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